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Mons

La ville de Mons a pris une grande importance symbolique pendant la Grande Guerre. Capitale de la province de Hainaut, Mons comptait environ 27 500 habitants au début de la guerre. En 1914, Mons était un centre administratif qui abritait un grand nombre d’autorités juridiques et judiciaires. Seules quelques industries s’étaient développées dans la ville […]

La ville de Mons a pris une grande importance symbolique pendant la Grande Guerre. Capitale de la province de Hainaut, Mons comptait environ 27 500 habitants au début de la guerre. En 1914, Mons était un centre administratif qui abritait un grand nombre d’autorités juridiques et judiciaires. Seules quelques industries s’étaient développées dans la ville contrairement à la région voisine du Borinage qui avait connu un développement économique important, principalement autour de l’extraction du charbon. Déjà centre culturel et éducatif, la ville de Mons est également devenue une plaque tournante du commerce du charbon. En août 1914 et novembre 1918, la région fut le théâtre d’affrontements entre les troupes du Commonwealth et les soldats allemands. Au total, Mons a été sous occupation pendant plus de quatre ans.

La bataille de Mons : 23 août 1914

L’arrivée des troupes allemandes en Belgique le matin du 4 août 1914, contraint la Grande-Bretagne à rejoindre la guerre. Les 70 000 soldats professionnels du Corps expéditionnaire britannique (BEF) sont mobilisés. Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais connu la dure réalité des combats. Bien que les réservistes représentaient près de la moitié des hommes de certaines unités, l’armée britannique, qui avait subi une réforme au tournant du siècle, était néanmoins bien entraînée et bien équipée. En vertu des accords conclus entre les forces armées françaises et britanniques, le BEF devait prendre position sur le flanc gauche des Français. Le 21 août, les soldats britanniques prennent position sur la ligne le long du canal Mons-Condé et de la route Mons-Beaumont. Ce jour-là, les Britanniques ont subi leur première victime : le soldat John Parr (1897-1914) du 4e bataillon du Middlesex Regiment. Mais c’est le 23 août, à partir de 8h00 du matin, que la « Bataille de Mons » a eu lieu. Retranchés derrière la barrière insubstantielle du canal, les troupes britanniques affrontèrent, pour la première fois, 160 000 soldats allemands sous le commandement d’Alexander von Kluck (1846-1934). Les combats, qui avaient commencé à Obourg et Nimy, se sont étendus vers l’ouest le long de tout le canal. Après de violents combats, le maréchal John French (1852-1925), qui dirigeait le BEF, ordonna une retraite pour empêcher ses troupes d’être encerclées, tandis que, à l’est, les Français se retiraient de Charleroi. Après deux jours de combats (23 et 24 août), les forces britanniques et allemandes avaient subi des pertes presque égales (selon les chiffres les plus fiables : 4 200 pour le BEF, contre environ 4 900 pour les Allemands). « La Grande Retraite » sur la Marne a duré douze jours, au cours desquels le BEF, repoussé par l’avancée des troupes allemandes, a parcouru plus de 150 milles.

La Légende des Anges de Mons

Le 29 septembre, l’auteur britannique Arthur Machen (1863-1947) a publié un article fictif dans le London Evening News rapportant que lors d’une bataille contre des soldats allemands, un soldat anglais a fait appel à Saint George. Avec l’aide d’archers de la bataille d’Agincourt, le saint patron de l’armée britannique aurait mis l’armée allemande en fuite. L’histoire a été saisie par des occultistes et des spiritualistes cherchant à prouver qu’il y avait eu une intervention surnaturelle lors de la bataille de Mons. Machen insistait sur le fait que son histoire était fictive, mais la rumeur, qui a captivé l’imagination des communautés religieuses et a été diffusée par la presse grand public, s’est rapidement répandue à travers le Royaume-Uni, puis sur le front. Au cours des mois qui suivent, de nombreux articles et livres relatent les témoignages de soldats ayant participé à la retraite de Mons. La légende a pris de nombreuses formes et a inspiré de nombreux artistes.

Mons occupée

Ayant vu ses fortifications démantelées en 1861, Mons était, au début du conflit, encore une ville de garnison. Lorsque les troupes belges ont été mobilisées, à partir du 31 juillet 2014, tous les soldats de la ville sont partis. À partir du 23 août 1914, la caserne de Mons est occupée par les troupes allemandes. Les conseillers locaux libéraux sont restés à leur poste. Ils ont essayé de trouver un équilibre entre la coopération (en relayant les ordres de l’occupant) et la protection des intérêts des citoyens tout au long du conflit. En tant qu’intersection des principaux axes routiers et ferroviaires, la ville a été le théâtre d’une intense activité allemande. Il y a eu de nombreux mouvements de troupes, tandis que les forces d’occupation réquisitionnaient tous les bâtiments administratifs. Grâce à cette position stratégique unique, Mons devint une plaque tournante importante du réseau d’espionnage Carlot-Louis, ainsi que du réseau d’évasion d’Edith Cavell (1865-1915). Les habitants de Mons ont subi le même sort que de nombreux civils en Belgique occupée, tels que des réquisitions, des difficultés d’approvisionnement et des libertés restreintes. Les déportations de travailleurs frappent particulièrement durement la population masculine à partir de la fin de 1916. Environ neuf pour cent de la population de Mons a été forcée de travailler en Allemagne ou près du front pendant le conflit. Initialement sous l’administration du Gouvernement général, la région a été incorporée à l’Etappengebiet le 1er janvier 1917. La même année, Rupprecht, Prince héritier de Bavière (1869-1955), commandant du Groupe Nord de l’armée allemande, et son QG s’installent à Mons, entraînant des bombardements alliés répétés. C’est également à Mons qu’en novembre, l’état-major allemand a élaboré sa stratégie pour 1918. En septembre et octobre 1918, la région de Mons a vu un afflux massif de réfugiés français (en particulier de Douai) à la suite du déplacement du front vers le nord.

Libération le 11 novembre 1918

Le 11 novembre, la ville est libérée par le Corps expéditionnaire canadien sous le commandement du lieutenant-général Arthur Currie (1875-1933). L’infanterie canadienne était accompagnée du 5e Régiment de Lanciers irlandais. Les Lanciers irlandais étaient déjà à Mons pour la bataille d’août 1914. À 10 h 58, le soldat canadien George Lawrence Price (1892-1918) est tué. On pense qu’il a été le dernier soldat du Commonwealth à être tué pendant la Grande Guerre.

Guillaume Blondeau, Musée Commémoratif de Mons

Éditeur de section: Emmanuel Debruyne

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